à moi-même
je suis une poupée gonflable.
je suis vide. je ne sens rien en moi que du vide. dégonflé, à plat. et j'ai pas d'anticrevaison.
j'aimerais être indépendant, être pouvoir capable de m'oxygéner tout seul, comme un grand. mais il n'en est rien. si t'es pas là pour me garder pressurisé, alors je me vide. je me croyais être un fort, un phare, une tour. je ne suis que le décor de moi-même. je ne m'apitoie pas sur mon sort, je constate, que les fondations sur lesquelles je travaille depuis tant d'années, que je croyais solides et indéfectibles ne sont qu'une parade à laquelle je me suis accrochée. je doute, c'est normal, je m'anéantis, çà l'est beaucoup moins. je devrais être capable de vivre tout seul, sans le besoin de personne, je devrais me sentir vivant de me battre à chaque jour contre mes démons, mais là aujourd'hui, même mes démons me paraissent ridicules face à mon incroyable incapacité à les combattre.
je suis une poupée, que je me suis crée. que j'ai manipulée et avec laquelle j'ai jouée. mais c'est du cinéma. et je ne suis pas bon comédien.
j'ai pourtant essayé. j'ai été cowboy et marin, mais de pacotilles... un cowboy sans mer et un marin sans cheval.
j'ai soif d'oxygène, mais je n'ai plus de poumons. je devrais être capable de passer outre mes frustrations et ma déception. mais non, je stigmatise, parce que je ne suis pas libéré de l'attachement aux autres, à toi en particulier. j'ai mal, alors que tu ne m'as pas attaqué, çà pique et tu ne m'as même pas effleuré. je sais bien que mon problème n'est pas le tien et n'émane pas de toi. mais ma douleur est tellement vrai, tellement palpable. elle me bouffe, elle m'obsède. j'ai l'impression d'avoir 20 ans, de revivre en arrière. de flotter. comme un ballon dans l'air, comme une poupée dans le vide, comme quelqu'un qui n'aurait pas su progresser.
j'ai un long travail à faire, à réitérer, je n'ai pas peur.
mais je ne me sens pas vraiment l'âme d'un chevalier
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